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Visite des centres de santé

MSF est présent dans le district de Chiradzulu depuis 1997. Son objectif fut la décentralisation des soins afin d’être au plus proche des patients, son activité se reparti ainsi sur 10 centres de santé qui couvrent le district.

MSF est présent dans le district de Chiradzulu depuis 1997. Son objectif fut la décentralisation des soins afin d’être au plus proche des patients, son activité se reparti ainsi sur 10 centres de santé qui couvrent le district. Les centres existaient avant l’arrivée de MSF et ont pour but les soins courants. L’apport de MSF a été de traiter les cas HIV et de distribuer les ARV (anti retro viraux, les médicaments qui permettent d’atténuer le virus, malheureusement pas de le supprimer pour le moment) au sein de ces centres.

L’action de MSF a permis à plus de 30 000 personnes d’être sous ARV, ce qui fait de Chiradzulu l’un des projets les plus importants en termes de VIH pour MSF.

 

Aujourd’hui le ministère de la santé a repris les actes de dépistage et de première mise sous traitement. MSF apporte son soutien pour ce qui s’appelle les « cas compliqués » (jeunes enfants, personnes développant une résistance au traitement, celles atteintes de tuberculose…) et nos équipes médicales sont présentes certains jours par semaine dans chacun des centres de santé. MSF est également présent au quotidien afin d’assurer l’enregistrement des patients et prodiguer les conseils sur la prise des médicaments.

Les bureaux MSF sont dans le village de Chiradzulu, une position centrale par rapport aux centres de santé mais par conséquent nous ne sommes que très peu (pas du tout en fait) au contact de la population soignée. Mon travail quotidien m’occupe pleinement et les occasions d’aller dans les centres de santé sont quasi nulles sauf à les provoquer.

Provocation effectuée, je pars visiter Nkalo et Namitambo, au sud du district.

 

Au sein des centres il y a donc du personnel MoH et MSF. Le parcours du patient est le suivant :

S’il vient pour un dépistage, il bénéficiera d’un accompagnement psychologique avant d’effectuer les tests. Un premier test donnant un résultat au bout de 15mn est effectué (une goutte de sang suffit, cela fonctionne un peu comme un test de grossesse). Si le test s’avère positif, un second test toujours aussi rapide est effectué pour confirmer le résultat – Personnel MoH
Les patients diagnostiqués positifs sont pris en charge par un clinicien. Celui-ci va établir, basé sur l’état du patient, un premier diagnostic quant au stade de la maladie. Selon ce diagnostic soit le patient est mis sous traitement ARV, soit il lui est demandé d’effectuer un test pour connaitre son taux de CD4 (c’est-à-dire son taux de défenses immunitaires, celles détruites par le virus) et savoir s’il nécessaire de le mettre sous traitement tout de suite ou non – Personnel MoH

Ce test requière une véritable prise de sang. La moitié des centres de santé est équipé de laboratoires financés par UNITAID (n’imaginez pas un labo comme chez nous !) qui permet d’obtenir un résultat dans les 20 mn. L’autre moitié doit envoyer les échantillons à l’hôpital du district et les résultats mettent entre 24 et 48h à être renvoyé dans les centres de santé (aucun suivi informatique des patients, il faut donc compter sur leur souhait de venir s’enquérir du résultat).

Afin d’assurer le suivi des patients mis sous traitement, MSF a mis en place il y a plus de 10 ans, la collecte d’informations à chaque visite. Ces informations sont collectées par les « Registrars » : poids, taille… Rien d’électronique… ces informations sont inscrites sur une fiche A4 polycopiée que le patient doit conserver (le clinicien y inscrira également ses commentaires). Une fiche est remplie à chaque visite. Les plus anciens patients viennent donc avec une vraie liasse de papiers. Un exemplaire de chaque fiche est rapporté tous les jours au bureau de MSF pour être saisie dans la base de données.

Pour les patients mis sous ARV, avant toute première prise des médicaments, une ou deux rencontres avec un « peer counsellor » sont organisées. Il va expliquer au patient comment prendre les médicaments, quels en sont les effets secondaires, ainsi que prodiguer des conseils sur le régime alimentaire et l’hygiène de vie - Personnel MSF

Une fois le patient prêt à s’engager dans son traitement il est dirigé vers « l’ARV dispenser » s’il s’agit d’un cas simple traité par le MoH ou bien vers les cliniciens MSF. Il recevra alors ses médicaments. Tout d’abord pour 2 semaines, puis 1 mois, puis 3 mois et enfin si son état est stable il bénéficiera d’une prescription pour 6 mois (c’est-à-dire qu’il ne lui sera pas nécessaire de revoir le clinicien avant 6 mois, par contre les médicaments sont donnés pour 3 mois). Aujourd’hui 10% des patients sont en mode SMA (six month appointment). Le SMA est un modèle développé par MSF afin de fluidifier les consultations et permettre aux cliniciens d’avoir plus de temps pour traiter les cas compliqués.