Fieldset
Ce n’est qu’un aurevoir…

« People don’t care how much you know until they know how much you care. »

Je ne peux y croire mais c’est déjà la fin de ma mission. Je suis à Boguila depuis six mois et je dois maintenant partir. J’ai le cœur brisé et je voudrais tellement en faire plus. D’un autre côté, je m’ennuie de ma famille, de mes garçons et de mon époux.

Le rythme des dernières semaines n’a pas diminué – nous sommes toujours aussi occupés avec des patients affligés du paludisme et d’infections des voies respiratoires. La saison des pluies combinée avec le fait que les gens vivent dans la brousse n’a fait que potentialiser ces maladies et nous rendre la tâche difficile. Les enfants nous arrivent très malades, souffrant de paludisme grave de forme anémique, cérébrale ou digestive, ajouté à une infection des voies respiratoires inferieures (IVRI) pouvant tourner en pneumonie du jour au lendemain. Nous avons vu des cas de méningite avancé où il était trop tard pour sauver les malades (deux adultes, une enfant de dix ans). Et les cas de malnutrition se multiplient. La population de la Centrafrique, déjà malnutrie et en mauvaise santé, tente par tous les moyens de survivre avec ce qu’elle a : ce qui est au départ pas grand chose.

Mon remplaçant, Claude, est arrivé la semaine passée et j’ai tenté, du mieux que j’ai pu, de lui donner une bonne passation. Ce n’est pas facile puisqu’il y a toujours des petites choses qui se font sans penser mais qui font toute une différence pour l’équipe. Je crois que tout ira bien – il a déjà bien pris en main ses responsabilités.

Avec deux jours encore à Boguila, j’ai eu la chance de participer à une mission Outreach avec cette équipe. Candice en est la nouvelle superviseure expat et l’équipe est bien rodée. Nous sommes allés aux villages de Bowansen et Bodomo afin de faire une clinique de vaccination. Toutes les mamans étaient alignées et attendaient de passer avec leurs enfants – ceux-ci ne savaient pas ce qui s’en venait. Freddy (secouriste) et moi avons causé un festival de pleurs en donnant injections après injections (souvent deux simultanément afin de minimiser la douleur). Mais nous avons vu environ 130 patients dans les deux villages en deux ou trois heures. Bien joué!

Puis dimanche dernier, c’est la fête de mon départ. J’ai organisé un petit rassemblement ‘Chez Colette’ afin de remercier toutes mes équipes de leur soutien pendant mes six mois parmi eux. Tout le monde est de bonne humeur, on jase, on danse et on échange des plaisanteries. J’ai reçu de beaux cadeaux – une belle robe des hygiénistes, une autre des infirmiers et superviseurs et une chemise de la pharmacie. J’ai eu la chance de travailler avec de belles équipes qui veulent le mieux pour leurs patients et leur population. Singuila Mingui!

Lundi, 30 septembre, c’est la dernière réunion au drapeau. Je suis émotive mais je réussi à lire mes derniers mots d’au revoir en sango : « A yéké na voundou na bé si mbi yéké zia Boguila. Mbi mou ala koué na bé ti mbi. Mbi kiri na ala singuila mingui té ti jo bi alla na maboko so alla mouna mbi na goé ti kousala ti mbi. » [C’est avec un cœur triste que je quitte Boguila. Je vous amène tous avec moi dans mon cœur. Je vous remercie pour votre générosité et aide pendant ma mission.]

Je remercie également l’équipe d’expat avec laquelle j’ai travaillé sans relâche. Leur professionnalisme et leur dévouement sont sans égal : Michelle, Hans, Roberta, Elisa, Candice, Jorike, Kami, Elise, Francesco, Wibke, Margerete et Claude. Vous m’avez soutenue, chacun à votre façon pendant mes six mois de mission. Merci! Thank you! Grazie! Danka!

À mes amis(es) centrafricains(es) : mes superviseurs (Alexandre, Daniel, Elisée, Jean-Didier, Auguste, Raïssa, Rachel); tous les infirmiers de l’IPD (Jean-Claude, Rassoul, Justin 1 et 2, Bernard, Gilles, Gladice, Ghislain, Orphée); tous les secouristes de l’IPD (Marcel, Paterne, Hugues, Jacques, Thibault, Blaise, Mathieu, Sévérin, Pierre, Jérémie, Bienvenu, Guy-Marcellin, Nathan, Martin) et tous les hygiénistes (Bienvenu, Élie, Jeannette, Vladimir, Alain, Natalie, Rosalie, Pulchérie, André, Patrick, Patrice, Désiré, Faustin, Jérémie, Polycarpe, Zéphirin, Narcisse, Roland, Philomène); vous avez fait preuve de courage dans l’adversité et vous m’avez inspiré. Continuez votre bon travail et atteignez vos objectifs.

Je tiens à remercier ma famille : Paul, Gabriel et Nicolas, mes parents, Ben et Loulou, mon frère François et ma sœur Marjorie de même que leurs partenaires, Cynthia et Yves. Merci pour vos messages courriels, vos conversations Skype et vos bons mots. Ils m’ont soutenue tout au long de ma mission et permis de passer au travers des moments plus difficiles.

Finalement, je veux vous remercier, mes lecteurs. Merci de votre soutien tout au long de mon aventure avec MSF. Je ne crois pas qu’elle soit terminée. Cet organisme inspire de par ses valeurs et son intégrité et je compte bien continuer à la soutenir dans le futur.

Je termine avec ces mots qui m’ont été donnés au début de ma carrière d’infirmière militaire par une superviseure chère à mon cœur et qui sont devenus mon inspiration quotidienne dans mon travail :

« People don’t care how much you know until they know how much you care. » - John C. Maxwell

Janique