Fieldset
En transit

Pour moi, un atout de ce projet est le fait qu’on travaille main dans la main avec les Congolais.

Quand on voit des chats étendus dans des moustiquaires, des cochons sauvages se promener aux alentours de l’hôpital et des termitières au bord des routes poussiéreuses, il est alors probable qu’on se trouve à Dingila. On ne peut accéder à cette petite ville en pleine brousse congolaise que par de modestes avions, parce que les routes de transit ne sont soit pas praticables, soit elles sont trop dangereuses ou tout simplement inexistantes. Ici, les gens habitent dans des cabanes en torchis ou en brique qui datent toujours de l’époque coloniale belge. Il n’y a pas d’électricité et les repas se font au feu de bois. J’ai rarement vu autant de manguiers, d’avocatiers et de papayers. C’est un petit paradis végétarien. Difficile de s’imaginer que près d’ici, il y a toujours des gens qui sont kidnappés, violés et tués.

La situation sécuritaire à Dingila est assez bonne. Malgré tout, la sécurité reste une préoccupation prioritaire. Chaque jour, la situation est évaluée et le rayon de nos mouvements est défini. C’est fou, ce que la logistique doit gérer pour approvisionner les projets de MSF en matériel, en eau et en électricité et pour assurer en même temps la sécurité et le bon fonctionnement des moyens de communication! Je suis impressionnée.

Dingila, RD Congo, 08.02.2012

Pour moi, un atout de ce projet est le fait qu’on travaille main dans la main avec les Congolais.

Une semaine a passé depuis que j’ai quitté mon domicile à Winterthour. Après un briefing de deux jours à Genève où j’ai reçu les dernières informations concernant mon projet et la situation politique actuelle au Congo, j’ai pris l’avion via Amsterdam, le Rwanda et l’Ouganda jusqu’à Bunia où se trouve la centrale de coordination de MSF en République Démocratique du Congo (RDC).

Dès que j’ai débarqué à Bunia, je me suis tout de suite aperçu d’un parfum spécial dans l’air. Un mélange de viande grillée, de plastique brûlé et d’herbe humide. Et il faisait chaud, très chaud. J’ai vite oublié l’hiver et j’ai rangé bonnet et écharpe tout au fond de mon sac à dos. Le douanier a vu le coffre de ma guitare et m’a demandé s’il contenait une arme. «C’est l’arme de la musique», j’ai répondu et je lui ai montré ma guitare. Après ça, il a renoncé à inspecter mes autres valises. Au bureau d’immigration, j’ai dû remplir plusieurs documents et pour la première fois de ma vie j’ai été enregistrée avec l’annotation «couleur de peau: blanche». Un drôle de sentiment. Ensuite, j’ai continué mon voyage en avion. C’était un vol très impressionnant à travers la forêt tropicale jusqu’à Dingila, ma destination finale et mon lieu de mission.

C’est par un heureux hasard qu’un séminaire a actuellement lieu à Dingila qui traite justement de la maladie du sommeil africaine. Parmi les personnes présentes, se trouvent non seulement les collaborateurs internationaux et congolais qui seront mes collègues pendant les prochains six mois, mais aussi deux experts de MSF qui vont partager les résultats des dernières études scientifiques avec nous. Bref, un début parfait. Pour moi, un atout de ce projet est le fait qu’on travaille main dans la main avec les Congolais. MSF n’a pas comme but d’«apporter la bonne parole» à la population mais de développer des projets, de formuler des stratégies et de définir des objectifs en collaboration avec les locaux. En outre, MSF s’investit beaucoup afin de former ses collaborateurs locaux pour qu’ils puissent poursuivre le travail de manière indépendante si un jour nous décidons de quitter les lieux.

Demain sera mon premier jour de travail. Je suis très curieuse.