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"Je suis joignable 24h/24" : Une journée dans la peau d’un responsable terrain

Situation sécuritaire, ressources humaines, logistique, rencontres des contacts locaux: mon métier de coordinateur de projet à Boga.

En tant que Responsable du Projet de Médecins Sans Frontières à Boga, j’ai la charge de suivre plusieurs choses ; situation sécuritaire, Ressources Humaines, la logistique, etc. Je travaille en étroite collaboration avec la responsable de l’équipe médicale, qui m’aide à comprendre et répondre au mieux aux besoins de santé des personnes vivant dans la zone de notre projet à Boga. Je suis joignable 24h/24 et 7j/7 par radio et téléphone. Ma journée ressemblait souvent à ceci :
 
6 heures: c’est l’heure à laquelle je me réveille durant la semaine. Je m’extirpe lentement de mon lit et me fraye un chemin jusqu’à la cuisine pour préparer le café. J’utilise du mocha italien abandonné là par quelque généreux expatrié souhaitant faire ce cadeau aux équipes futures. Cela me réveille. Après le café, je me prépare pour le travail.
 
Photo: Sergio Scro / MSF
 
7heures30: J’arrive au bureau, je discute avec le personnel, vérifie mes e-mails et parle des dernières informations avec mon assistant. 8 heures: Meeting avec le comité de sécurité du projet pour une mise à jour concernant les dernières 24 heures, qui inclue la situation politique et les informations générales à propos de Boga. 
 
8 heures15: J’appelle les contacts locaux des environs de Boga pour compléter mes informations avec la situation hors de Boga. Si tout va bien, alors je peux autoriser les mouvements des équipes médicales vers ces lieux un peu plus éloignés. Les équipes médicales se déplacent quotidiennement vers quelques centres de santé ou sites de santé soutenus par MSF.
 
Dans l’aire de santé de Boga, MSF soutien 3 centres de santé, l’hôpital local et 12 sites de santé. Les mouvements par voiture, moto ou à pied sont faits de manière journalière et ma tâche est de vérifier que la route est bonne et sécurisée.
 
9heures à 12heures 30: Je passe le reste de la matinée soit dans des réunions avec le personnel, soit à vérifier mes mails, soit à remplir le carnet de bord logistique, où j’enregistre toutes les infos concernant la sécurité, les incidents voire même les rumeurs remontées par mes contacts.
 
Une fois les équipes médicales arrivées à destination, je les appelle par téléphone, par radio très haute fréquence ou par téléphone satellitaire pour m’assurer de leur bonne arrivée et que les activités se déroulent bien.
 
Chaque semaine, je prends un peu de temps pour rencontrer nos contacts locaux, qui incluent le chef militaire, celui de la police, les chefs religieux, le président de la société civile et si nécessaire, des groupes rebelles.
 
12heures30 à 13 heures30 : Pause déjeuner ! J’ai l’habitude de marcher avec quelques collègues sur le trajet de retour vers notre base de vie. Là, je prends ma pause, mon déjeuner et un peu de repos. En général il commence à faire très chaud à ce moment de la journée, une courte pause est donc la bienvenue et méritée.
 
13 heures30: L’après-midi au bureau est composé de rendez-vous, planification des visites de spécialistes sur notre projet et à aider mes collègues ici et là.
 
En tant que coordinateur du projet, j’ai la responsabilité de la sécurité de nos équipes, du budget, des ressources humaines et je supervise la logistique. Si notre administrateur est malade ou en congés, je saute sur ses dossiers. Si notre logisticien est loin, je comble son absence de manière temporaire. En d’autres mots, un Responsable Terrain doit être multitâche et prêt à prendre des dossiers en cours en cas de besoin. 
 
The MSF house where international staff live in Boga, DRC
Photo: Sergio Scro / MSF
 
18 heures: C’est à ce moment que je quitte le bureau. Parfois, je reste un peu plus tard pour terminer mon travail. Comme le projet de Boga est un projet dit « régulier » de MSF, il y a moins de situations d’urgence à gérer, que ce soit du côté médical ou sécuritaire. Cela me permet de terminer la journée à une heure décente. 
 
Le soir, je me repose avec les autres expatriés de la base. Nous apprécions le dîner et durant les week-end, nous buvons quelques verres ensemble et discutons sous le tukul jusque tard dans la soirée. Notre terrasse donne sur les montagnes du Rwenzori.
 
Les vues à Boga sont à couper le souffle. Malgré le couvre-feu et les règles de sécurité qui ne nous permettent pas de faire de grandes excursions le week-end ni en soirée, nous avons la chance de pouvoir apprécier le paysage depuis notre base de vie. 
 
One of Boga's beautiful views - a small boat on a lake
Photo: Sergio Scro / MSF
 
22 heures: c’est le moment où mes yeux commencent à se fermer et que je me retire dans ma chambre pour une bonne nuit de sommeil. Après les dernières vérifications de sécurité et derniers appels, je rentre dans mon lit.
 
Souvent, mon sommeil est interrompu au milieu de la nuit par la radio VHF. En cas d’urgence je me réveille pour donner l’autorisation aux équipes médicales de transférer un patient à l’hôpital, par exemple une femme qui a besoin d’une césarienne en raison d’une grossesse compliquée. Dernièrement, la sécurité sur les routes ne posait pas de problème et les rebelles n’ont pas été signalés dans notre zone d’intervention. Cela me permet de donner le feu vert aux mouvements de voiture même nocturnes, afin que les personnes en détresse habitant dans les coins les plus reculés puissent bénéficier d’une aide médicale d’urgence.
 
 
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