Groupe de champs
La formation, le briefing, et le grand départ!

“This is an historical moment, and you are part of it. This mission will change your life”

“This is an historical moment, and you are part of it. This mission will change your life”

C’est par ces mots que commence la formation de deux jours à Genève, la première étape du périple. Deux jours de “brainwashing” sur nos priorités : “security is 1st, security is 2nd and security is 3rd. Un virus aussi virulent que celui d’Ebola demande une attention toute particulière des travailleurs humanitaires que nous sommes. 

Première mauvaise nouvelle : l'épidémie d’Ebola est toujours en hausse en Sierra Leone, surtout à Freetown, ma destination, avec 435 cas recensés la semaine dernière. Dans une ville de 1,5 million d'habitants, c’est beaucoup et peu à la fois. 

''Probablement la première et dernière fois que je mettrai ces équipements de protection, mais mieux vaut être prêt à tout!

Deuxième nouvelle, bonne ou mauvaise, je vous laisse en juger, ce sera une mission avec une règle bien spéciale : aucun contact physique, avec personne et en tout temps. Non, pas de bise sur la joue, pas de poignée de main, pas de tape dans le dos, rien. Un vrai régime de moine. Un défi qui, pour le moment, dépasse l'entendement. Mais il paraît qu’on s’habitue. En plus, on ne doit pas se toucher le visage puisque l'on peut attraper ce sale virus principalement par les yeux, le nez, la bouche. Essayez juste pour voir de ne pas vous toucher le visage pendant une heure. Ou de ne toucher personne aujourd'hui. En tout cas, y'a pas à dire, on prend des mesures drastiques pour limiter les risques au maximum. C'est la bonne partie de cette mauvaise nouvelle. 

Ce qui est clair, c’est qu’avec une hausse des cas à Freetown (plus de 400 cas par semaine), il faudra rester prudent. Mais il ne faut pas oublier qu’Ebola, ça ne se transmet pas si facilement que ça. Comme tout le monde le sait maintenant, il faut être en contact avec les fluides corporels de quelqu’un qui est non seulement infecté mais qui a des symptômes. Et encore là, au tout début des symptômes, la charge virale est plutôt faible. C’est quand la maladie progresse ou quand on est en contact avec le corps d’un défunt que c’est le plus dangereux.

Mais, avec les mesures de précaution drastiques de l'organisation, le « no touch policy », le suivi constant de ma température et le lavage de main excessif, je pense ne pas être trop à risque.

Bref, le but de cette politique de ne pas toucher ses collègues est surtout pour ne pas attraper de fièvre (en raison de la saison du paludisme) ou une simple grippe qui ferait monter tout le monde (moi y compris) dans les rideaux.

Ce qui est certain, c'est l’immensité du défi de travailler dans un environnement où le risque est partout, mais complètement invisible. Il faudra que l'on soit sur nos gardes en permanence. Une erreur peut être fatale. Comme le disait Joanne Liu, la Présidente de l'organisation, « C’est comme être sous le feu des mitraillettes en tout temps. »