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Rester avec ma famille ou aller travailler à l'hôpital ?

Je pensais qu'ils seraient mieux là où il y aurait quelqu'un pour prendre soin d'eux

Lorsque les affrontements ont commencé, le 19 mars, j'étais à l'hôpital. Ma maison est située juste en face de là où les affrontements avaient lieu. Je n'ai pu rentrer chez moi qu'à 21 heures et, quand je suis arrivé à la maison, ma femme et mes deux enfants étaient seuls et paniqués. Les combats étaient importants, lourds. J'étais en proie à un terrible dilemme et je ne savais pas quoi faire le jour suivant : rester avec eux ou aller travailler à l'hôpital ?

A chaque fois que je devais aller à l'hôpital, je m'inquiétais pour eux. Je ne voulais pas les laisser, mais je devais faire mon travail. Nous avons reçu beaucoup de blessés. Ma présence était nécessaire tout le temps : il fallait que la pharmacie fournisse les matériaux et médicaments nécessaires. Même si nous sommes bien préparés, le nombre important de blessés signifiait que je devais courir à la pharmacie de l'hôpital pour rapporter tout ce qui était essentiel aux médecins. On travaillait toute la journée et quand je rentrais à la maison, ce n'était pas calme non plus et nous entendions les coups de feu.

Un jour, alors que je rentrais chez moi - une nouvelle maison que je venais de louer à proximité, donc je n'étais pas encore connu dans le quartier - j'ai été arrêté près de chez moi par des hommes armés. Ils ont pointé leurs armes sur moi. Puis un vieil homme m'a reconnu et ils m’ont laissé passer. Après cet incident, j'ai emmené ma famille dans le gouvernorat d'Abyan, là où mes parents vivent. Je pensais qu'ils seraient mieux là où il y aurait quelqu'un pour prendre soin d'eux. J'ai eu peur sur le chemin du retour, mais heureusement je suis arrivé sain et sauf à Aden et je suis maintenant de retour à l'hôpital.

Hôpital d'Aden , dans le sud du YémenMSF