Groupe de champs
Tchad: L’arrivée

L'aventure du métier, check moi ben!

Bon, bon. Arrivée. La sécurité est assez intense. J’apprends très rapidement que MSF est une des organisations qui a les règles de sécurités les plus strictes. (Ma mère vous remercie, les gens.) Après trois jours de briefings à N'Djamena, la capitale, départ pour Am Timan, dans la Salamat. A ce moment là, ceci étant ma première mission, j’ai arrêté d’imaginer, je veux juste voir de mes propres yeux.

Sur une carte, c’est pas si loin. Mais y a pas vraiment de route, hein, alors c’est l’avion UNHAS (United Nation Humanitarian Air Service, transporteur du personnel des ONG). Toute une expérience en soi. 

Image shows a dirt path with five goats and an assortment of buildings

Photo: Liza Courtois / MSF

Arrivée à l’aéroport à 5h30 du matin pour passer la sécurité vers 7h, aller dans la salle d’attente a 8, monter dans  l’avion a 9, en redescendre a 10 sans avoir décoller à cause d’un problème technique et finalement partir a 12, 3 stops et enfin Am Timan. Première fois que je prenais un avion-bus, c’est spécial. 

Et puis la ville. 60 000 habitants et à peu près autant de chèvres. Les routes, quand il y en a, sont pleines de trous, on dirait presque Montréal, haha. Avec la saison des pluies, il y a des grandes flaques partout qu’il faut contourner. Quand on part à l’extérieur de la ville (chose que moi je fais régulièrement), il faut partir à deux voitures au cas où on reste coincé dans la boue. Comme sur la photo, là. Joyeusement embourbée, la fille. 
 

Lisa smiles from the window of a white land cruiser car as the wheels spin in the mud

Photo: MSF.
 

Je supervise une équipe de gens d’ici (un infirmier, une sage-femme, un assistant nutritionnel, un pharmacien et deux personnes qui supervisent l’équipe : une infirmière et un infirmier) pour aider les centre de santé de la région sur les programmes de nutrition et de paludisme. Dans un pays aussi pauvre, la malnutrition est une des cause de mortalité les plus importante, et le paludisme est partout pendant la saison des pluies.

Pour le moment, nous travaillons dans trois centres à Am Timan : le centre Nord, le centre Sud et Am Sinéné. Là-bas on donne juste du support matériel et une aide (les programmes existaient avant notre arrivée). Ce qui implique de la gérance de stock donc c’est déjà pas mal de travail.

Un peu plus loin, on travaille dans deux centres : Ablelaye et Mina. Là-bas c’est plus que du support matériel, c’est de l’organisation de soins, du contrôle de qualité, de la formation…

Three buildings have grass roofs, and are built with mud bricks. There is a fence built with reeds.
A street. Photo: Liza Courtois / MSF
 

C’est un peu difficile parce que les bénéficiaires de nos services parlent seulement arabe (mon équipe parle français, hein). Alors je supervise mais je ne comprends pas ce qui se dit. Je ne fais donc aucune consultation, c’est impossible. Mais j’assiste, j’observe et j’aide si je peux.

Les personnes embauchées par MSF parlent toutes le français, plus ou moins bien selon leur niveau (par exemple les chauffeurs ou les gars de la sécurité ne sont pas obligés de maîtriser le jargon médical). Mais la population c’est plutôt rare. J’ai décidé d’essayer d’apprendre l’arabe tchadien. Je sais déjà dire plusieurs choses, mais je commence à comprendre qu’en arabe il y a 1000 manières de dire la même chose. Juste pour comment ça va y a 5 formules différentes. Tsé, pour rendre la chose facile.

Pour le moment j’apprends des trucs au hasard mais à terme je vais vouloir apprendre le vocabulaire que je dois utiliser pour mon travail. Ça va être beau ma maîtrise de la langue, je vais pouvoir converser sur les diarrhées, la fièvre et le vomis sans problème, check moi ben.