Groupe de champs
En route pour le RDC
La nouvelle est arrivée un froid matin de janvier: un courriel de mon administrateur des ressources humaines me proposa une mission au Sud Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC), comme gestionnaire des soins infirmiers pour les activités de sensibilisations. 
 
La nouvelle est arrivée un froid matin de janvier: un courriel de mon administrateur des ressources humaines me proposa une mission au Sud Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC), comme gestionnaire des soins infirmiers pour les activités de sensibilisations. 
 
Un an et demi s'était écoulés depuis mon retour au Canada, après une mission au Libéria. J'y suis resté depuis pour ma maitrise en santé mondiale. J'avais pris goût au confort (incomparable!) de la vie au Canada, mais le travail du terrain, et l'Afrique me manquaient cruellement. Au même moment que je pris connaissance du courriel, un patient entra dans ma salle de consultation. Me trouvant toute souriante, il me demanda : 
 
-que ce passe-t-il donc mademoiselle? 
 
-Je retourne en Afrique Monsieur! Je répondis.   
 
Malgré que la décision d'accepter la mission se soit prise rapidement, l'assumer fut un processus douloureux. Et je ne parle pas tellement de l'organisation tant administrative que logistique, nécessaire pour un long séjour dans un pays en voie de développement. Je parle plutôt de dire au revoir à ses proches. Mes semaines pré-départ furent passées entre le Canada et l'Europe à tenter de voir tout le monde une dernière fois: un weekend chez ma mère à Sept-Iles, un souper avec mes cousins à Toronto, une marche sur le bord du lac Ontario avec un collègue d'université, un 5 à 7 avec mes proches à Montréal, un café avec une ancienne collègue de mission à Paris ... Promettre à mon papa (plutôt poule) de lui envoyer des nouvelles fréquemment, embrasser le nouveau-né de deux mois de ma grande amie en réalisant que je serai pas là pour ses premiers mots ni pour ses premiers pas ... Non seulement me manqueront t'ils, mais sachant que mon départ leur cause aussi du chagrin, je suis doublement triste.
 
Dans l'avion en route pour la RDC, j'ai le cœur gros: je regarde les photos et vidéos faites dans les dernières semaines. Les  sourires  de ma famille et amis, leurs éclats de rire, résonnent encore en moi. Mais malgré tout, une voix grandit en moi, je retourne en Afrique! Je retourne en mission! Dès mon arrivée, je ressens un mix de nouveauté (c'est ma première fois au pays) et de connu. Via un Skype, mon prédécesseur m'explique de long en large (malgré la médiocre connexion internet) la nature de mon travail, les accomplissements des derniers mois, les éléments à consolider. L'équipe coordination, basée dans la capitale de la province, me convoque à des entretiens sur le contexte politique du pays, les règles de sécurité, les conditions de travail, les objectifs du projet, le statut des ressources humaines, etc. 
 
Juste avant de prendre l'avion pour Lulimba ou je travaillerai la nouvelle tombe : une épidémie de choléra vient de se déclarer. Les jours suivants mes collègues et moi seront incroyablement occupés à mettre en place la riposte à l'épidémie.
 
Il fait bon de réconcilier avec ce bourdonnement de mission, de retrouver les collègues expatriés et nationaux, de revoir les pagnes colorés, les sourires des locaux, ... et de manger du riz aux feuilles de manioc bouillies. Malgré les sacrifices, je suis contente de commencer ma mission en Afrique!