Groupe de champs
Que la mission commence...

Évidemment, les premiers jours de la mission étaient mouvementés, mais nous travaillions très dur pour mettre notre plan en action rapidement. Le premier jour de distribution avait lieu dans une semaine à peine…

Ma priorité était de comprendre les activités de la mission, quand elles étaient exécutées et quels étaient les stocks envoyés à Monrovia pour les soutenir. La mission débutait à peine, mais les envois d’urgence depuis Médecins Sans Frontières (MSF) Logistique à Bordeaux avaient déjà commencé. Combien a-t-on envoyé de médicaments antipaludéens, essentiels aux activités de distribution du programme ? Quelles autres fournitures médicales ont été envoyées ? Sont-elles organisées d’une quelconque manière ? Quand la distribution commence-t-elle ? Quel est le rôle de la pharmacie ? Y a-t-il une pharmacie ?

Les distributions, qui sont les premières activités menées dans le cadre de la mission, sont primordiales. Nous allons distribuer des kits familiaux de médicaments antipaludéens (gratuitement, bien sûr) à environ 50 000 familles dans quatre districts de Monrovia. Le déroulement de la distribution est mûrement réfléchi et organisé. L’objectif est de fournir des kits de médicaments à au moins 85 % des familles dans ces districts. Nous devons nous rendre dans toutes ces zones ce mois-ci, puisque nous répéterons cette activité pendant les deux prochains mois. Les médicaments offrent une protection de quatre semaines contre le paludisme. Ces distributions visent à lutter contre la maladie pendant son pic saisonnier.

Nous distribuons une combinaison d’artésunate et d’amodiaquine sous quatre dosages différents selon l’âge (ou le poids). Les médicaments sont conditionnés sous forme de plaquettes. Les habitants doivent avaler un comprimé (ou deux pour les adultes) chaque jour pendant trois jours. Le kit familial contient une ou deux plaquettes par chaque tranche d’âge dans l’espoir que cela couvrira les besoins de la famille. Le contenu du kit familial a été pensé en fonction des statistiques démographiques du Liberia et suit une approche de santé publique. Certaines plaquettes supplémentaires sont fournies au chef des communautés au cas où les familles auraient besoin de médicaments supplémentaires. L’idéal serait de personnaliser les kits en fonction de chaque famille (par exemple, en fournissant la dose requise par chaque membre de la famille), mais cela n’est pas possible en raison de la taille de la population cible et de l’épidémie de fièvre Ebola. Une brochure d’information est fournie avec les kits pour souligner quelques points importants : dosage du médicament par âge, obligation de prendre le médicament même si le patient n’est pas malade, effets secondaires possibles, administration pédiatrique, etc. 

Dans le contexte d’Ebola, se retrouver face à une foule constitue un risque, en particulier si la situation n’est pas correctement organisée. Alors, comment faire pour distribuer des kits à 7 000 familles en 90 minutes sans exposer nos équipes à des risques inutiles ? Comment gérer la foule ? Pas d’inquiétudes à ce sujet. Une équipe importante travaille avec le chef de chaque communauté pour sensibiliser la population à notre activité et l’aspect logistique est pensé dans les moindres détails. Je vous en parlerai plus en détail prochainement...

Évidemment, les premiers jours de la mission étaient mouvementés, mais nous travaillions très dur pour mettre notre plan en action rapidement. Le premier jour de distribution avait lieu dans une semaine à peine…