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Les pharmaciens du Liberia

J'ai toujours aimé en apprendre davantage sur la profession de pharmacien dans les différents pays où j’ai travaillé. Au Swaziland, j'étais l'une des 33 pharmaciens du pays (il s'agit d'un petit pays). À Gaza, on dit pour plaisanter qu'une personne sur quatre est pharmacien.

J'ai toujours aimé en apprendre davantage sur la profession de pharmacien dans les différents pays où j’ai travaillé. Au Swaziland, j'étais l'une des 33 pharmaciens du pays (il s'agit d'un petit pays). À Gaza, on dit pour plaisanter qu'une personne sur quatre est pharmacien. En effet, l'école est pratique, son coût est raisonnable et les gens ont le temps de suivre les cours. Malheureusement, le nombre de postes à pourvoir à Gaza est très limité, il peut donc y avoir jusqu'à 250 candidats pour un seul poste ! Et au Soudan du Sud, j’avoue que je ne connais pas du tout la situation des pharmaciens.

Au Liberia, la faculté de pharmacie se trouve à l'université du Liberia, ici à Monrovia. Pour être accepté, il faut être titulaire d'un diplôme sanctionnant quatre années d'études scientifiques. Les étudiants suivent ensuite un cursus de quatre années supplémentaires, puis effectuent un stage d'un an. Vingt-neuf pharmaciens ont été diplômés lors de la 15ème cérémonie d'honneur et de remise des serments de décembre 2013, portant le nombre total de pharmaciens dans le pays à 129. Il n'existe pas de diplôme de niveau supérieur en pharmacie, mais le doyen de l'université travaille sur une proposition pour y remédier. Avec l'arrivée du virus Ebola, le système d’enseignement a été suspendu et toutes les écoles sont fermées.

J'ai eu la chance de rencontrer le Service national des médicaments (National Drug Service), ainsi que le pharmacien de l'Autorité de réglementation, à propos de notre projet de distribution. Nous avons été autorisés à utiliser les médicaments que nous avions apportés dans le pays. Les réunions se sont très bien passées et la création d'un partenariat visant à aider les habitants de Monrovia semble être un objectif partagé. C'est toujours positif !

J'ai été impressionnée d’apprendre que des pharmaciens et étudiants en pharmacie avaient pris l'initiative, en août dernier, de sensibiliser les employés des pharmacies de la région de Monrovia au virus Ebola, en leur expliquant notamment les précautions de protection à observer et en dissipant les mythes à propos de la maladie. Cette initiative menée par l'association pharmaceutique du Liberia (Pharmaceutical Association of Liberia) ciblait les pharmacies, puisqu'il s'agit souvent du premier endroit où les gens se rendent lorsqu'ils tombent malades. Le personnel des pharmacies est donc très exposé à Ebola. Autre mesure similaire, l'Autorité de contrôle des médicaments inspecte les pharmacies pour s'assurer qu'aucun faux médicament contre Ebola ne circule sur le marché. C'est une bonne chose que les pouvoirs publics s'intéressent de la sorte aux pharmacies et qu'ils tiennent compte du rôle de la profession dans la gestion de la crise actuelle.