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J’écris depuis Monrovia

 

Aujourd’hui, j’écris depuis Monrovia, Liberia. Et oui, Monrovia… l’épicentre de la crise Ebola au Liberia. Je sais, je sais… je fais attention et je me lave les mains. Pas d’inquiétude, mon nouveau parfum s’appelle Chlorine.

 

Aujourd’hui, j’écris depuis Monrovia, Liberia. Et oui, Monrovia… l’épicentre de la crise Ebola au Liberia. Je sais, je sais… je fais attention et je me lave les mains. Pas d’inquiétude, mon nouveau parfum s’appelle Chlorine.

Je suis ici avec le centre opérationnel MSF de Paris et notre mission est d’organiser la distribution de traitements antipaludéens aux familles des quartiers périphériques de Monrovia (50 000 familles, à prendre ou à laisser). C’est un objectif de santé publique, si les gens sont traités contre le paludisme (qui est endémique ici), ceux qui en souffrent ne viendront pas surcharger les centres de prise en charge Ebola. En fait, il se trouve que les premiers symptômes du palu sont assez similaires à ceux d’Ebola… fièvre, malaise, nausée, migraine… et dans la mesure où le système de santé s’est complètement effondré, les patients iront au centre Ebola. Le problème c’est qu’un patient palu pourrait alors être inutilement exposé à Ebola. Malheureusement, à cause de la crise Ebola, ça ne serait pas sûr pour nous de faire des tests diagnostiques palu à tous les patients, donc on opte pour une approche de santé publique : il y a de fortes chances que les gens aient déjà le palu ou en déclarent un plus tard, le traitement aidera les deux groupes.

Ce projet commence à peine. Evidemment, nous avons l’accord de Paris pour le démarrer et nous nous sommes aussi mis d’accord avec le ministère de la Santé libérien sur ce que nous avons l’intention de faire. On est encore en train d’affiner les détails, mais le chef de mission, le coordinateur médical et le coordinateur de projet ont bien tout sous contrôle. Il y a deux autres centres opérationnels dans le pays, celui de Bruxelles et celui de Genève. Je suppose que vous avez déjà entendu parler de ce qu’ils font si vous avez récemment regardé les journaux.

Pour moi, cette mission est spéciale pour de nombreuses raisons. Je n’avais jamais été en charge de mettre sur pied une toute nouvelle pharmacie, ni de créer le programme de gestion du stock. Par ailleurs, je n’ai jamais travaillé sur un terrain Ebola, et donc la première étape pour moi avant d’aller au Liberia a été le centre de formation MSF à Bruxelles. MSF Belgique a 20 ans d’expérience sur Ebola, ils sont ceux vers qui nous nous tournons pour la formation et l’expertise. Aucun doute que ce sera un apprentissage déterminant.

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