Groupe de champs
Enfin arrivée à Mattar !

J’ai su que nous étions arrivés quand j’ai vu la grille, son drapeau rouge et blanc MSF et le signe « Armes interdites ». Le camp est entouré de grands panneaux de brande de 2,5 mètres de haut.

J’ai su que nous étions arrivés quand j’ai vu la grille, son drapeau rouge et blanc MSF et le signe « Armes interdites ». Le camp est entouré de grands panneaux de brande de 2,5 mètres de haut. Cinq murs de boue, des huttes en chaume et en herbe et 4 salles de bambou et de ciment vont accueillir l’équipe de six expatriés pour les six prochains mois.

J’ai rencontré les membres de l’équipe : le coordinateur terrain Jean-Baptiste, l’infirmier terrain que je remplace, Moctar, Brian le responsable logistique, Suzanna, qui est médecin, Kirsten l’infirmière ainsi que de nombreux personnels locaux impatients de me souhaiter la bienvenue à Mattar.

J’étais déjà toute excitée et c’est là que j’ai jeté un œil au-dessus de la barrière arrière et que j’ai aperçu à 10-15 mètres seulement le fleuve qui serpentait à perte de vue – une vision tout simplement époustouflante. Je n’en revenais pas qu’il soit si proche. Des enfants nageaient et jouaient, certains pêchaient tandis que des femmes en tenues colorées lavaient leur linge sur les berges. Les rives étaient environ à 10 mètres du milieu de l’eau mais apparemment dans deux semaines elles seront aux portes de notre barrière, et le fleuve sera alors notre unique moyen de transport. Quelle chance d’être arrivée maintenant pour assister à la transformation du paysage, alors qu’il va passer de l’aridité la plus totale à une franche humidité.

Après une rapide visite du camp des expatriés, du centre médical et de l’extrême pointe du village, nous avons entamé la passation et la présentation du personnel jusqu’à la tombée de la nuit !

Plus tard, tandis que nous étions assis dehors à siroter une bière fraîche, le ballet de la nuit s’est animé : les lucioles volaient dans une danse hypnotique, des chauves-souris voletaient, des lézards se faufilaient, des grillons grésillaient avec une constance très rythmée et le hurlement des chiens sauvages s’est joint au concert.

Levée à 5h30 avec le soleil est les oiseaux. Je n’ai pas beaucoup dormi car mon matelas de 5 cm d’épaisseur est posé sur une porte métallique avec poignée incluse ! Il fait très chaud dans la hutte, l’aération est quasi inexistante et il y fait probablement 10 degrés de plus qu’à l’extérieur, où il fait déjà autour de 35. Il fait apparemment plus frais quand on dort la porte ouverte mais les chauves-souris viennent vous faire caca dessus et Betty, l’iguane de 2 mètres interprète une porte ouverte comme une invitation à venir vous grimper dessus. C’est décidé, je dormirai la porte fermée, et tant pis si je transpire !