Groupe de champs
Bonjour Addis-Abeba !

Mais les Éthiopiens ont une manière bien à eux de calculer le lever du jour : pour eux, le début de la journée (minuit) est l’équivalent de 6h du matin pour la plupart d’entre nous.

Me voici donc en Afrique. À Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, pour être précise. J’y suis jusqu’à dimanche, car l’avion qui rejoint Gambella, ma région de rattachement pour les 6 prochains mois, ne vole que trois fois par semaine.

Le vol depuis Paris laissait grandement à désirer ! Pas de télévision ni de divertissement, à part deux types qui priaient à voix haute, le premier tourné vers la Mecque, et le deuxième qui n’arrêtait pas de se signer. Merci les somnifères !

En revanche, pas de couverture... Il faisait si froid que je n’ai pas réussi à dormir.

Et quand j’ai eu le malheur de demander de l’eau, l’hôtesse m’a désigné une bouteille et un gobelet en me faisant comprendre qu’il fallait que j’aille me servir toute seule.

Peu importe : la lune était immense et semblait toute proche, et le lever du soleil a été une véritable explosion orange et jaune, mêlée d’un gris pourpre qui pointait au-dessus du désert ! Incroyable.

L’Éthiopie se situe dans le fuseau horaire GMT+3. Mais les Éthiopiens ont une manière bien à eux de calculer le lever du jour : pour eux, le début de la journée (minuit) est l’équivalent de 6h du matin pour la plupart d’entre nous. Mieux vaut s’en souvenir et mettre les choses au clair quand on prévoit une réunion à 4 heures de l’après-midi. Vous avez intérêt à préciser que vous ne voulez pas dire 10h du matin en heure locale.

Ce n’est pas tout. L’Éthiopie ne suit pas le calendrier grégorien mais le calendrier julien, qui se compose de douze mois de 30 jours chacun et d’un treizième mois de cinq ou six jours. Soit un retard de 7 ans et demi sur notre calendrier grégorien. Et le nouvel An est fêté le 11 septembre.

Donc en fait, nous ne sommes qu’à la moitié de l’année 2004… Et quelle heure est-il ? Je n’en ai aucune idée !

Si je résume, je vais bientôt avoir trente ans. Ah, ah, si seulement !

J’ai quatre réunions aujourd’hui avec les membres de l’équipe de coordination à Addis alors j’espère pouvoir rester éveillée car, pour l’instant, je n’ai pas vraiment l’impression d’être opérationnelle. Heureusement, le café est très bon et très corsé.

En tant qu’infirmière terrain, je dois me concentrer sur les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Sachant que la clinique mobile ne dispose d’aucun médecin ni sage-femme ! Mais si j’en trouve, j’ai le droit de les embaucher ! Il y a des officiers de santé, sortes de médecins en formation qui seront mes aides jusqu’à ce que j’amène les patients à la clinique. Pour l’heure, je suis donc un peu stressée concernant les aspects cliniques, sans beaucoup de secours pour m’aider.

En revanche, les anacondas ne me posent aucun souci ! En fait, il n’y en a pas tant que ça mais il y a plein de vipères, de chats sauvages et d’immenses lézards de 2 mètres de long. Autres spécimens de la faune sauvage dont il faut se préoccuper : les lions ! Mais aussi les babouins et les vaches folles avec d’énormes cornes. Énormément de gazelles et d’antilopes, ainsi que des oiseaux.

Tout le monde me dit que c’est un endroit très reculé mais absolument fantastique et unique ! De toute façon, j’aime déjà ces chats sauvages, dont on me dit qu’ils n’ont pas peur des hommes et qu’ils sont très grands, très élancés et ont une queue très longue. Minou, minou… Je crois que je vais me trouver un animal de compagnie !

Tous les membres de l’équipe que j’ai rencontrés pour l’instant sont très gentils et semblent plutôt détendus. Un chouette mélange de nationalités. Il y a 6 personnes dans l’équipe de Mattar venues d’un peu partout dans le monde. J’ai hâte d’aller sur le terrain et de m’y mettre !