Groupe de champs
Un grand pas vers la guérison.

Aujourd’hui, je suis à l’école Stellar Elite. Ma formation de deux ans sur le développement de la petite enfance porte ses fruits.

C’est une école primaire dans laquelle j’enseigne auprès d’enfants en Standard 3 [troisième année de l’école primaire au Kenya].

Aujourd’hui, je suis à l’école Stellar Elite. Ma formation de deux ans sur le développement de la petite enfance porte ses fruits.

C’est une école primaire dans laquelle j’enseigne auprès d’enfants en Standard 3 [troisième année de l’école primaire au Kenya].

Mon fils, Josh, a fini son traitement en août de l’année dernière. Ce jour-là, je l’ai emmené à la Green House, une clinique gérée par MSF. J’ai été surprise de voir que l’équipe avait préparé une fête de départ pour lui. Je ne l’avais jamais vu aussi heureux, en particulier lorsque l’équipe lui a offert un vélo. Il était si fier, si joyeux.

Avant qu’il ne se fasse à l’idée que son traitement était fini, il me demandait sans cesse quand nous retournerions là-bas. Je lui ai expliqué, et, en tant que mère, j’étais pleine de joie que mon fils n’ait plus à supporter ce traitement exténuant, ainsi que les piqûres.

Aujourd’hui, il est plus grand, plus fort, et il a rejoint l’école où j’enseigne. Je suis également ravie que mon mari et ma fille soient en bonne santé. Je pousse un soupir de soulagement à chaque fois que leurs tests [de dépistage de la tuberculose] se révèlent négatifs.

J’ai voulu revenir enseigner, car je vais beaucoup mieux et que j’adore ce métier. C’était important pour moi de reprendre mon activité, car cela représente aussi un grand pas vers ma complète guérison. J’aime être entourée d’enfants, leur apprendre de nouvelles choses et jouer avec eux. Ca me rend heureuse.

En fait, quand j’enseigne et que je suis active, ça veut dire que je ne suis pas trop malade. Cependant, des changements sont apparus dans mon apparence physique. Parfois, des enfants viennent me voir et me demandent : « Maîtresse, vous étiez plus pâle, avant. Pourquoi votre peau est-elle plus foncée ? »

Comme nous avions une bonne relation au moment où je suis partie, certains me demandent : « Pourquoi n’êtes-vous pas venue nous voir ? » Ce genre de questions me rend à la fois triste et heureuse.

Elizabeth Wangeci Kenya MSF

Elizabeth et ses élèves

 

Certains des enfants sont très jeunes et ne peuvent pas entièrement comprendre une maladie complexe comme la tuberculose, sans parler de la tuberculose ultrarésistante. Cependant, les questions de santé et les différents types de maladies sont abordés dans le programme de l’école. Ainsi, pendant que j’enseigne, j’en profite pour leur parler de la tuberculose. Et, pour finir, je précise que je suis atteinte de la maladie, mais que je suis un traitement. J’espère qu’ils sauront que cette maladie est curable.

Depuis mon retour, je dois faire face à de nombreux défis. Je ne peux jamais être à l’heure en classe comme les autres professeurs. Étant toujours en traitement, je dois d’abord me rendre à la Green House avant d’aller travailler.

J’arrive à l’école deux à trois heures plus tard, alors que les autres enseignants travaillent déjà. Parfois, je suis prise de fatigue et de vertiges à cause des médicaments. Mais je suis extrêmement reconnaissante, car tous mes collègues me témoignent beaucoup de soutien. Ils surveillent ma classe, vérifient que les élèves font leurs devoirs, qu’ils boivent leur thé. Je me souviens d’une fois où un parent s’est plaint de mes retards. Le directeur de l’école lui a expliqué ma situation. Ce soutien a rendu mon programme de traitement plus gérable.

J’attends avec impatience la fin de mon traitement au mois de mai de cette année. J’espère sincèrement ne plus jamais être atteinte de tuberculose multirésistante ou ultrarésistante.

Je fêterai ce jour en me rendant à l’église et en remerciant Dieu. En 2016, je veux investir, travailler et économiser. Ma fille va entrer au lycée et j’aurai besoin d’un maximum d’argent pour la soutenir dans sa scolarité. L’école me paie, et même si ce n’est pas une somme importante, j’ai déjà de la chance d’avoir un travail.

Elizabeth Wangeci Kenya MSF

Elizabeth devant sa classe