Groupe de champs
Je suis guérie, mais mon combat n'est pas encore terminé

 

6 mai 2016, enfin le grand jour !

Je suis si excitée, au-delà des mots. La pluie et le froid ne parviendront pas à gâcher ce moment de bonheur.

 

6 mai 2016, enfin le grand jour !

Je suis si excitée, au-delà des mots. La pluie et le froid ne parviendront pas à gâcher ce moment de bonheur.

Un, deux, trois... les 10 derniers comprimés. J'ai dû en avaler près de 15 000 depuis deux ans et demi. Ce qui avait débuté comme une tuberculose normale est devenue une forme très résistante au traitement classique. Au bout de cinq mois, j’ai commencé à prendre des médicaments spécialement adaptés pour la tuberculose multi-résistante. Et comme si cette maladie avait décidé de s’acharner sur ma famille, mon fils de 3 ans, John, est à son tour tombé malade.

Mon fils ne pouvait plus marcher, parler, ou jouer comme les autres enfants. Après une série d’examens, il a aussi reçu le traitement pour la tuberculose multi-résistante. Cela fait maintenant un an et John se porte à merveille ! Il a terminé son traitement et est retourné à l'école. Il joue, parle et court tellement qu’il semble connaître le quartier comme sa poche. Aujourd’hui c’est mon tour d’en finir avec le traitement, et je vis ça comme une double bénédiction.

The MSF team celebrate with Elizabeth at the MSF clinic on Juja Road.

Quand a commencé cet horrible calvaire, avec son cortège d’effets secondaires et d’injections douloureuses, ma famille et mes collègues ne pouvaient pas croire que j’avais la tuberculose. Ils ont encore du mal à comprendre aujourd’hui ce qu’est cette XDR-TB (tuberculose ultrarésistante), et ce malgré mes nombreuses explications.

Les gens autour de moi pensaient que je devrais poursuivre le traitement à vie, ce qui est faux. Chaque souche de tuberculose a une durée de traitement différente. Il y a eu des moments très difficiles où je me sentais découragée, notamment quand d’autres patients, devenus mes amis, sont morts. Ma tristesse était immense. Je suis cependant reconnaissante à la clinique Green House de MSF pour leur soutien et leurs conseils. Jamais je n’aurais rêvé recevoir autant de soins, d’attention et d’amour de la part de tout le personnel, du gardien jusqu’au docteur, ainsi que de mon mari, mes parents et ma fille aînée. Leur soutien a rendu le traitement supportable. Je leur en suis vraiment très reconnaissante.

Je voudrais dire aux Kenyans et à la communauté internationale de lutter contre la stigmatisation afin de mettre fin à la tuberculose et surtout de se faire dépister. Si votre enfant est malade, ne vous dites pas qu’il s’agit d’une simple toux qui dure plus que normal, et faites-le examiner sans attendre. Les personnes infectées ne doivent pas se décourager, mais continuer de bien prendre les médicaments. Il est aussi important de manger sainement, de maintenir une vie sociale et de rester positif en dépit des difficultés.

An MSF health worker embraces Elizabeth.

J’insiste aussi sur le fait qu’il est possible de guérir de la tuberculose. N’ayez pas peur du qu’en-dira-t-on, il peut mettre votre vie en danger. Ne vous laissez pas gagner par le doute et le pessimisme, et comme moi vous sauverez votre vie et celle de votre enfant. 

Je peux maintenant reprendre une vie normale et ma carrière d’enseignante. Je voudrais aussi devenir éducatrice sur la tuberculose afin d’aider les malades au cours de leur interminable traitement. La prévention reste cependant le meilleur moyen de s’épargner ce cauchemar. Au niveau national, Il est essentiel d’améliorer la connaissance de la tuberculose et de ses différentes formes au sein des communautés. La lutte contre la tuberculose continue !