Groupe de champs
"Party time in Shamwana!"

Car c’est toute une organisation : les invitations, avoir de la boisson pour tout le monde – je ne vous ai pas encore parlé des cauchemars d’approvisionnement -  acheter deux chèvres pour la bouffe, préparation des discours, et surtout, respect du protocole!

 Samedi passé, c’était jour de fête ! Avec le départ de tout expat á la fin de sa mission, s’ enclanche un véritable rituel,  prévisible et immuable comme le jour qui se lève : l’organisation de la fête de départ, le « farewell party ».

Car c’est toute une organisation : les invitations, avoir de la boisson pour tout le monde – je ne vous ai pas encore parlé des cauchemars d’approvisionnement -  acheter deux chèvres pour la bouffe, préparation des discours, et surtout, respect du protocole!

Etrange party congolais. Imaginez la scène : dans la grande cour de la base, des bancs de bois disposés en carré, où s’entassent les quelques 60 invités : membres du staff, les notables du village, dont notre incontournable « cheuf » de groupement, ainsi que quelques amis du fêté, sans oublier les quelques expats de Concern, l’autre ONG opérant dans le village. Sur un côté de ce vaste carré, trône le bar et le système de son : un « ghetto blaster » bancal, branché à une T.V. pour visionner des DVD de musique congolaise.

Protocole congolais

Protocole congolais

Le party est officiellement ouvert par le Président du comité de préparation de la fête, qui fera lecture officielle du programme officiel de la soirée : discours officiel du Project Coordonnator (P.C.), suivi du discours officiel du médecin chef de l’hôpital,  suivi du discours on ne peut plus officiel du superviseur du service de l`expat  en question, sans oublier le discours officiel du « cheuf » de groupement, pour finalement laisser la parole au jubilaire lui-même pour livrer son discours officiel d’adieu!

Vous aurez compris que le protocole et la hiérarchie sont trrrrès importants au Congo.

La fête se poursuivra, tant bien que mal, par une remise de cadeaux au fêté, puis par la distribution de la bouffe : riz et trippes de chèvre en sauce, pour le staff national, et riz et brochettes de chèvre pour les expats!  J’étais assis, naivement, avec l’ensemble du staff congolais sur mon banc de bois, mon assiette à la main, et attendant la ration distribuée par deux membres du staff. Arrivés à ma hauteur, on m’a bien fait savoir qu’il n’était pas question que je mange les tripes en sauce, et d’attendre un peu plus tard où on servirait les expats avec les brochettes! ( réputé être le meilleur plat) Quand je vous disais que la hiérarchie est importante!

Je vous avoue que cela m’a heurté passablement, ce « favoritisme », d’autant plus que les maudites brochettes étaient absolument immangeables (et je ne suis pas difficile! ), et que les tripes en sauce, ceci dit, avaient l’air bien appétissantes, quoiqu’il aurait fallu manger avec les doigts à l’africaine, car par d’ustensile pour les congolais! Une autre particularité de ces partys d’adieu : toutes les dépenses sont aux frais de…ceux qui partent!  Mais bon, s’il n’en était pas ainsi, il n’y aurait pas de fête.

C`est la fête, enfin!!!

C`est la fête, enfin!!!

Mais finalement, on a eu ben du fun! La boisson s’est mise à couler, les gens à se dégeler à la faveur des tam-tams du groupe musical local et du son approximatif du système de son crachant sa musique congolaise. Belle occasion de faire la fête, de se rencontrer entre expats et staff national dans un autre contexte que le travail

Mais bon Dieu, que la hiérarchie et le protocole sont importants ici, ce qui n’est pas sans avoir des impacts dans mon travail. Mais ça, ce sera pour une autre fois!