Groupe de champs
Chez les pygmées

Vendredi 8 août, visite à Sangwa, un petit village situé à quelques kilomètres de Shamwana. J’accompagne Claude, un des conseillers de l’équipe, dans ses consultations.

Vendredi 8 août, visite à Sangwa, un petit village situé à quelques kilomètres de Shamwana. J’accompagne Claude, un des conseillers de l’équipe, dans ses consultations. Particularité de ce village : y vit une petite minorité de pygmées, comptant une treizaine de familles, vivant cantonnée à l’extrémité du village. Traditionnellement ostracisés car différents : ce sont avant tout des cueilleurs-chasseurs vivant dans la brousse. Durant la guerre, ils ont été particulièrement maltraités, soupçonnés tant par les Maï-Maï que par l’armée congolaise, de collaborer avec la partie adverse.

Morphologiquement, ils ne sont pas si différents que les autres congolais, à mon oeil peu exercé du moins; mais oui, légèrement plus petits ( ce ne sont pas des nains de jardin, tout de même !!!). Où la différence est frappante, par contre, c’est dans la grande misère dans laquelle ils vivent : toutes les huttes sont déglinguées et en mauvais état, leurs vêtements sales et déchirés.

Le vieil homme que nous rencontrons est le chef du quartier pygmée; il nous invite à s’asseoir sur une bûche, à l’ombre de sa misérable hutte, en compagnie de sa femme. Il a perdu 4 de ses enfants durant la guerre, ce qui l’a beaucoup affecté. Aujourd’hui, il va mieux : un autre de ses fils dont il avait perdu la trace, a été retrouvé et est revenu vivre avec lui; de plus, le plus jeune frère de Monsieur vit maintenant avec lui; il retrouve ainsi un peu de joie de vivre, et se considère bien entouré par le reste de ses enfants. Questionné sur la discrimination vécue par sa communauté, il nous apprendra qu’elle prend plusieurs formes : les autres villageois refusent qu’ils viennent jouer au foot au terrain du village; deux ans après la fin de la guerre, les enfants ne sont pas encore admis à l’école communale, parce qu’ ils sont pygmés…

Une réflexion collective avec mon équipe de conseillers est à faire, pour se donner une analyse commune de la situation et envisager une forme d’intervention collective et communautaire, au-delà de l’intervention individuelle, au demeurant encore nécessaire. Disons que cela fait partie des choses que j’aimerais faire…on verra bien si c’est possible.