Groupe de champs
Camping á la congolaise, part. 1

« Allô Muzungu! Allô Muzungu! »

Nous partons pour deux jours à Kishale, l’équipe de conseillers au grand complet : Maman Costasie, Carine, Jean-Paul, Claude, Papa Rigobert et Patrice, notre chauffeur. Départ à 7 :00, car ce village, à 54 km., est à trois heures de route de Shamwana. Quelle beauté cette brousse africaine, aux petites heures du matin! Nous traversons une forêt semi-dense, d’arbres de grosseur moyenne; le sous-bois est jonché de longues herbes sèches jaunâtres comme les blés : c’est la matière première de nos toits de chaume. La moitié des feuillus qui nous entourent sont encore parés de leurs atours, l’autre moitié dénuée de tout feuillage, comme nos arbres à l’automne. La chaude lumière matinale s’infiltre à travers les branches, et au détour d’un boisé, on découvre une vallée couverte de grandes graminées; et vers l’horizon se profile de belles petites montagnes, tout juste comme nos montagnes des Laurentides. Et monte dans l’air encore frais de la matinée, le chant strident et presqu’assourdissant d’insectes chanteurs, tels nos cigales estivales. Magique. Magnifique.

Une randonnée vers ces villages périphériques, ce sont ces scènes de la vie quotidienne, mille fois revues, mille fois recommencées, au fil de tous ces petits hameaux rencontrés le long de la route. Ces femmes portant sur leur tête toutes sortes de charge : énormes paquets de bois pour faire le feu, bassines de racines blanches de manioc, contenants pour transporter l’eau; ces hommes de tous âges attelés à leur robuste bicyclette transportant d’énormes sacs de marchandises de toutes sortes; ces paysans, outils à la main, allant travailler leurs champs; ces chasseurs, lance à la main, ramenant fièrement leur petit gibier; ce sont ces racines de manioc que l’on fait sécher au soleil, soit entières sur le toit de chaume, ou encore en plus petits morceaux étalés sur une toile de plastique; ce sont les femmes – encore!- réduisant ces morceaux de racine de manioc à grands coups de pilon dans leur mortier de bois, tamisant et retravaillant encore et encore jusqu’à la finesse de farine désirée; ce sont tous ces enfants souriants, criants et saluant notre véhicule à grands coups de « Allô Muzungu! Allô Muzungu! »