Groupe de champs
Bulletin météo

Déjà, ces récents « cadeaux du ciel » ont commencé à transformer le paysage.

Lundi, 22 sept. 08 (1) «  Communiqué spécial. Aujourd’hui à 17 :30, s’est abattu sur le petit village de Shamwana une violente tempête, causant plusieurs dommages matériels et faisant une blessée. La journée ayant été chaude et humide, la tempête a débuté par de violentes bourrasques de vent, qui a la faveur de la saison sèche, s’est transformé en véritable tempête de poussière tourbillonnante. Une avalanche de pluie s’est par la suite abattue sur le village, accompagnée de grêlons atteignant 2 cm de diamètre. Les dommages aux installations du Centre de Santé et de Référence de  Shamwana sont considérables : arbres déracinés, la tente de la maternité et celle des patients de l’hôpital complètement détruites, toits de bureaux arrachés, tente des tuberculeux endommagée, nombreuses clôtures jetées par terre comme fétus de paille. Heureusement, les femmes séjournant dans la tente de la maternité ainsi que les autres patients ont pu être évacués à temps vers les salles de l’hôpital, évitant toute blessure grave. Au village même, de nombreuses maisons de paille de construction précaire ont été soufflées par les éléments; une enfant souffrant d’un léger traumatisme crânien a été transporté à l’hôpital. Elle avait été blessée dans l’effondrement de la belle église pentecôtiste du village, là où elle s’était réfugiée avec sa famille. Elle a pu obtenir son congé après une nuit d’observation à l’hôpital. »

Oui, monsieur! C’était quelque chose, cette tempête! Au début, nous étions, moi et quelques conseillers, réfugiés sous notre paillotte, au toit de chaume mais sans mur fermé. Devant la violence du vent et la poussière s’infiltrant partout, nous avons déménagé nos pénates dans notre tukul, qui constituait un abri précaire, mais à tout le moins fermé de tous les côtés. Lorsque la pluie et la grêle se sont mises à tomber, j’ai entendu un peu plus loin des cris provenant d’une des tentes qui s’écroulait. N’écoutant que mon courage et mon sens du devoir (!!!) , je me suis précipité( ouille, ça pince la grêle!) pour rejoindre Wouter, afin de m’assurer que tout le monde était en sécurité. J’en ai été quitte pour être trempé jusqu’aux os, et devoir me mettre au sec un peu plus tard.

Incroyable que la belle église pentecôtiste ait été détruite par la tempête! Vous vous souvenez, c’est la première que j’ai visitée et que je vous ai déjà décrite. Il faut dire que c’était un long édifice ouvert aux quatre vents, situé directement dans l’axe de la tempête, qui n’en a fait qu’une bouchée!

Dans la nuit du lendemain, nous avons eu droit à un super orage électrique, accompagné de trombes de pluie déferlantes. Le genre d’orage où tu te lèves, où tu soulèves le pagne qui couvre la porte de ton tukul et où tu admires les éléments déchainés dans toute leur splendeur!

Oui, vraiment, ce sont les signes annonciateurs de la saison des pluies. Déjà, ces récents « cadeaux du ciel » ont commencé à transformer le paysage. Lors de nos déplacements vers les villages avoisinants,  on constate que les sous-bois jusqu’alors desséchés, commencent à se garnir d’une multitude de nouveaux arbustes d’un beau vert tendre.  La brousse est en pleine mutation, en marche vers sa luxuriante transformation. Faudra-t-il bientôt, tel Indiana Jones, jouer de la machette pour se frayer un chemin vers nos villages éloignés, ou encore, sortir les chaines et les tire-forts pour désembourber nos véhicules de ces ornières traîtresses? A suivre dans un prochain bulletin météo…

(1)   Sept. 2008 : il ne s’agit pas d’une erreur. Vous vous souviendrez que les chroniques que vous lisez ont été écrites depuis le début de mon séjour à Shamwana  en août 08; je remonte tranquillement le temps au fil de mes écrits.