Groupe de champs
RDC: Quand la balle siffle, il n’y a pas de choix !

Bulamba est superviseur du programme de promotion de la Santé chez MSF à Mweso, en République démocratique du Congo. II partage son expérience... 

Wow, regardez-là, quelle beauté ! 

Bulamba est superviseur du programme de promotion de la Santé chez MSF à Mweso, en République démocratique du Congo. II partage son expérience... 

Wow, regardez-là, quelle beauté ! 

S’émerveillent souvent les passagers à bord de la voiture de terrain de Médecins Sans Frontières qui les conduit pour leur première visite à Mweso à la vue de la florissante végétation qui surplombe les collines innocentes, parsemées d’arbres le long de la route qui mène vers la localité de  Mweso où MSF tient un projet fixe depuis 2008.

Mweso, se situe à 16 km au Nord de la cité de Kitchanga, à près de 100 km au Nord de la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, à l’Est de la  République Démocratique du Congo.  Le tronçon Kitchanga-Mweso, 15 km, est caillouteux, ce qui rend la route moins praticable. A chaque fois, que je passe par Kitchanga, les événements passés enfouis aux confins de mon subconscient, se réveillent.

En fait, j’ai travaillé avec MSF à Kitchanga de 2002 à 2005 comme responsable de gardiens, puis encore à partir de 2008 jusqu’en 2013, l’année de la fermeture du Projet MSF dans cette cité après une effroyable guerre qui a pratiquement dévasté toute la cité : la base MSF était brulée, plusieures maisons incendiées, ma propre maison brulée...   

Bulamba at work

Bulamba dans le camp des déplacés. Sara Creta / MSF.

Nous étions huit personnes qui étions restés dans le village pendant ces tristes événements, nous n’espérions pas nous réveiller le lendemain des affrontements. Quelle était notre enchantement de voir le jour pointer à l’horizon le matin et les expats venir nous prendre avec quelques blessés dans la voiture! Notre consolation n’allait cependant pas durer trop longtemps : des crépitements de balles avaient repris aussitôt, de coups de balles étaient tirés sur notre voiture. Nous avions  échappé de justesse et nous nous étions précipités dans la safe room du poste de poste dans le quel MSF intervenait.

Après les affrontements, j’avais déplacé ma famille à Goma. Je maigrissais du jour au jour, des pensées noires envahissaient mon esprit en permanence. MSF avait dépêché une Expat, Eleanor, pour mon soutien mental. Elle a été très utile pour moi par ses conseils. Avant son arrivée, chaque fois que je dormais la nuit, j’entendais de crépitements de balles et des explosions de bombes autour de moi alors qu’en réalité, rien ne se passait. Je me réveillais subitement en sursautant du lit et en essayant de retenir ma respiration. Je craignais de devenir un malade mentale dans un avenir proche.

Peu après, le Projet de Kitchanga était fermé. J’étais resté sur place comme point focal des activités. Je maintenais mes activités de promotion de la Santé comme la clinique Tumaini était restée pour la prise en charge des victimes de violences sexuelles et des infections. Après la fermeture la Clinique Tumaini, plus tard, je suis venu à Mweso.

Là, j’étais affecté à l’hôpital général de référence soutenu par MSF.  Mon activité principale était d’écouter les difficultés rencontrées par les patients dans leurs lieux de provenance. Depuis lors, neuf ans se sont écoulés et actuellement je suis superviseur du programme de la promotion de la santé. Ma femme et mes enfants sont toujours restés à Goma.

Aujourd’hui, Mweso se retrouve toujours au centre des zones à trouble avec l’activisme de factions des groupes armés et les opérations menées par les troupes de l'armée gouvernementale contre ces groupes.

Par conséquent, cette localité  demeure une zone permanente d’accueil des personnes déplacées à cause de sa position centrale, son caractère cosmopolite, la présence d’ONGs et la gratuité des soins donnés par MSF.