Feldgruppe
L’Unité Palu est ouverte

C'est dans ce contexte que nous faisons nos premières armes

Ca y est ! L'U.P est ouverte, et son flot de patients est arrivé ! Certes, la saison des pluies débute timidement, et par conséquent le pic épidémique reste assez modéré. Mais ceci est tant mieux pour nous qui avons ainsi le temps d'appréhender le fonctionnement de l'UP, le circuit du patient, le rapport avec les équipes et les rôles de chacun, les moyens disponibles et les pratiques, et de nous familiariser avec les différentes pathologies rencontrées et leurs modalités de prise en charge.

Nous sommes ainsi quatre médecins, John, Brigitte (une Béninoise), Diallati (un Tchadien) et moi, à prendre chacun nos marques. Nous sommes issus de parcours divers. Diallati qui a déjà fait l'UP l'an dernier  maitrise déjà bien les subtilités du métier.

Au sein des équipes, nombreux sont ceux qui ont déjà fait une ou plusieurs saisons à l'UP et qui sont donc parfaitement au point, tant dans son fonctionnement que dans les prises en charge. Ils connaissent leur métier, savent perfuser des bambins qui parfois ne font même pas 5 kg, et assurer leurs soins et leur surveillance quotidienne, veiller aux prescriptions manquantes ou approximatives que nous faisons faute d'habitude. Nous pouvons donc compter sur une base solide pour nous familiariser, comprendre, nous positionner et nous intégrer dans le mouvement et le fonctionnement de l'UP.

La révision des protocoles, pierre angulaire du travail chez MSF, qui permettent de bien définir et encadrer les pratiques des intervenants aux parcours et aux habitudes diverses , nous a permis là aussi durant les premières semaines de bien définir le cadre et les modalités d'intervention de notre action, et il s'agit donc pour nous surtout de trouver notre place et d'apporter notre plus-value dans un projet déjà bien rôdé.

Quant aux enfants qui nous arrivent, seuls les cas de paludisme grave nous sont référés, et nous accueillons ainsi de nombreux cas de neuropaludisme avec troubles de la conscience et/ou convulsions, des anémies sévères à transfuser, des septicémies associées, des cas de malnutrition sévère pour des petits bouts de chou tout frêles, à l'aspect totalement cachectique >Ils nous arrivent dans des états très précaires mais les évolutions sont pour la plupart rapidement favorables sous traitement adapté.

Le principal problème que nous rencontrons est surtout le délai de prise en charge, entre le début de la fièvre, , puis la consultation au centre de santé le plus proche, avant d'être référé à l'hôpital. La prise en charge financière par MSF du transport vers l'hôpital fait sauter un frein important à ce référencement souvent tardif, mais il y a souvent un ou deux jours de délai avant le début d'une prise en charge adaptée. Les traitements traditionnels entrepris au début posent aussi régulièrement problème, une pratique souvent rencontrée étant l'ablation de la luette, (vous savez, ce petit appendice qui pendouille quand vous regardez au fond de votre gorge ) pratiquée dans des situations d'asepsie plus que douteuses, et compliquant souvent un accès palustre simple d'une septicémie associée et de difficultés de prise alimentaire.

C'est dans ce contexte que nous faisons nos premières armes, et que nous essayons autant que possible d'assurer une prise en charge de qualité, permettant de couvrir ces quelques jours très critiques de la maladie. Et franchement, je trouve que pour le moment, nous nous en sortons plutôt bien.