Feldgruppe
Un week-end " en ville "!

« Deux jours pour un match de foot?"  me direz-vous?  C’est que , voyez-vous, Dubié est situé à 120 km. , à 6 heures d’ici, par une route parfois franchement chaotique. Nous avons quitté samedi matin à 6 : 00, pour arriver passé midi, fourbus ; nous sommes revenus tantôt à 15 :15 . Mais ça en valait le coup.

Un match de foot entre l’équipe MSF Shamwana et celle de MSF Dubié : telle est la raison qui m’a amenée à passer tout mon week-end là-bas.  « Deux jours pour un match de foot?"  me direz-vous?  C’est que , voyez-vous, Dubié est situé à 120 km. , à 6 heures d’ici, par une route parfois franchement chaotique. Nous avons quitté samedi matin à 6 : 00, pour arriver passé midi, fourbus ; nous sommes revenus tantôt à 15 :15 . Mais ça en valait le coup.

Dubié est la première ville où MSF a développé ses activités. Pendant la guerre, c’est là qu’ont convergé en provenance des villages de la région des milliers de réfugiés pour former 3 camps de IDP ( Internal Displaced People) . Depuis la fin des hostilités en 2006, les réfugiées sont retournés dans leurs villages, ceux-là même que nous desservons : Shamwana, Kisele, Kampangwe, Kishale, Kabala, Monga et les dizaines d’autres que nous n’atteignons pas. MSF continue ses activités à Dubié en supervisant les activités d’un très grand hôpital, avec les principaux départements hospitaliers, ainsi qu’une  équipe en santé mentale de trois conseillers, malheureusement dépourvue de supervision depuis trop longtemps.

Dubié, c’est la grande ville, comparé à Shamwana! Imaginez : il y a l’eau courante en ville! Pas dans chaque maison, tout de même, mais à même des fontaines publiques avec robinet, oui madame, disséminées aux quatre coins de la localité. Ce système d’aqueduc est alimenté par une source canalisée vers un grand château d’eau distribuant le précieux liquide par gravité. Une grande ville, car il y a de grands bâtiments publics : écoles et couvents, construites par les communautés religieuses et une grande église catholique en briques. Mais là s’arrête toutes prétentions à la dénomination de grande ville : il n’y a pas d’électricité, ni rues pavées. En fait, on a affaire à un très gros village, mais ce qui est frappant, quand on vient de Shamwana, c’est que toutes  les maisons sont faites de briques, toutes.  C’est que la ville n’a pas été touchée par la destruction de la guerre. En me promenant dans le voisinage ce matin, c’est comme si je faisais un saut dans le temps,  à la fois dans le passé et le futur : Shamwana avait cette allure avant la guerre, et retrouvera cet aspect dans plusieurs années, si le spectre de la guerre ne revient pas la hanter. Ce court séjour m’aura fait réaliser toute l’ampleur de la destruction matérielle causée par les hostilités entre l’armée congolaise et les milices Mai-Mai.