Archive for August, 2008

Falling in Love

Sunday, August 3rd, 2008

Falling in Love (en / fr)

For me, every new project is like starting a relationship.  More like an arranged marriage actually.  When you first meet your new project, it’s a little scary; this new relationship always looks very good on paper, but the fact remains that you’ve never even seen your future companion, except for a report or 2, or maybe articles on the Internet.  You never really know what you’re getting into; you just hope that you’ll like the project, and that the project will like you back.

clouds

So many things can go wrong; so many variables cannot be accounted for.  What if you don’t get along with your colleagues? Or what if nothing is actually like it’s supposed to be?  What is the exact definition of “remote area”?  Of “basic living conditions” ??  Of “challenging context” ???

Unless you are immediately repelled, the project relationship, like any relationship, has its “courtship” period.  Everyone is different, but everyone wants to be liked, to be part of something.  And so you flirt with the project and it flirts back.  You put on your best smile, look past the mosque waking you up at 4:00, or find some charm in it.  Disregard the absence of electricity, find the use of petrol lamp quite romantic and enjoy the absence of Internet as a nice break.  In turn, the project seduces you: the staff all know your name, smile back, invite you to visit their department, answer all your silly questions, cater to your every whim.  You go for a “training” on the fancy “quads” (heavy-duty, 4wd golf carts); tea in the market; kids smiling and waving at you; women singing joyfully in unison in the darkness of the evening.

So the honeymoon phase begins, and everything is perfect and lovely and how could anyone not want to be here, now ???  The work is fascinating and the team is great.  You can now have in-depth conversations, you’re getting to the heart of the context and you don’t even hear the 4am call to prayer anymore.  Life is beautiful, in its own, twisted, humanitarian way.

If you’re really lucky, that’s when it happens.  Simply, truly, deeply, you fall in love.  Whatever hardship, obstacle or problem you will face past this point, you will get through it, you will work as hard and as best as you can to not only survive, but thrive against all odds.  It’s Love, in the eyes of your little laughing neighbours running after you every morning; in the fact that you can now make jokes and tease your team; in every handshake and every “salam alaykum”, even when you’re tired, look like crap and make mistakes.

I arrived in Birao, in the very remote region of Vakaga, on Thursday morning, still dizzy from my quick departure from Chad, and intense briefings in the capital.  I arrived, still in love with my previous project, and a little hesitant to give my heart away again.  Ending a relationship, even if it was a good one which had to end anyway, is still an ending that requires some kind of mourning.

But I’m in Vakaga now, in the market town of Birao.  The team seems great; the project is a wonderful challenge and yes, the office looks like we’ve successively gone through armed combat and a tsunami (renovation works!) … but that’s why I’m always looking for a project with a good sense of humour.

A little patient we’re trying to help against all odds; a clinic running smoothly; rain, lightning and thunder for 6 hours straight; the stars are still there, and soon, I reckon, I’ll be in love again.


La Grande Séduction (en / fr)

Commencer une nouvelle mission ressemble beaucoup, selon moi,  au début d’une nouvelle relation amoureuse.  En fait, c’est plus proche d’un marriage arrangé.  Arriver dans une nouvelle mission me fait toujours un peu peur; cette nouvelle romance semble toujours excellente dans les faits, mais la réalité est qu’on n’e s’est jamais vus, sauf peut-être à travers quelques rapports ou articles sur Internet.  On ne sait jamais vraiment ce qui nous attend, mais on ne peut qu’espérer que la mission nous plaise, et qu’on lui plaira en retour.

Tellement de choses peuvent tourner au vinaigre et tellement d’autres ne peuvent simplement pas être entrevues.  Est-ce que je vais m’entendre avec mes collègues?  Et si rien n’était comme prévu?  Quelle est la définition précise de « région éloignée »? Ou « conditions de vie difficiles »? Et qu’est-ce que c’est, exactement, un « contexte complexe » ???

À moins d’être répugnée dès le premier instant, cette relation naissante a, comme toute relation, une période de « séduction ».  Tout le monde est différent, mais tout le monde veut faire partie de quelque chose.  On courtise donc le projet, et le projet nous le rend bien.  On sourit de son plus beau sourire et vous pouvez passer à côté de l’appel à la prière  matinal– à 4am ! – ou même le trouver charmant.  L’absence d’électricité ne vous dérange pas et l’utilisation de lampes à pétrole semble même un peu romantique.  Et puis ne pas avoir accèes à Internet est en fait une pause rafraîchissante.  En retour, le projet vous courtise également : toute l’équipe connaît votre nom, tout le monde vous sourrit, vous invite à visiter son département et répond à toutes vos questions stupides, à tous vos caprices.  On vous amène faire une « formation » sur les « quads » (des chariots de golf à 4 roues motrices, pour les routes difficiles); on va prendre le thé au marché; des enfants qui vous sourients et vous saluent; des femmes qui chantent à l’unison dans la nuit.

La lune de miel commence donc, et tout semble parfait et charmant : comment ne pourrait-on pas vouloir être ici même, en ce moment précis ?  Le travail est fascinant and l’équipe est merveilleuse.  Il est maintenant possible d’avoir des conversations quasi philosophiques et on arrive au cœur du contexte … on n’entend même plus l’appel de la prière à 4 heures du mat !  La vie est belle, à sa façon humanitarie et définitivement bizarre.

Si vous êtes chanceux, c’est à ce moment que ça arrive.  Simplement, réellement, complètement, vous tombez en amous.  Peu importe les difficultés, obstacles et problèmes qui se trouveront sur votre route par après, vous pourrez passer à travers.  Vous travaillerez aussi fort que possible et du mieux que vous pouvez et non seulement vous survivrez, mais vous réussirrez contre toutes attentes.  C’est l’Amour, dans les yeux de vos petits voisins qui courent après vous à chaque matin; dans le fait que vous pouvez maintenant taquinez et rire avec votre équipe; dans chaque poignée de main et chaque « salam alaykum », même quand vous êtes fatigués, vous avez l’air de la chienne à Jacque et faites des erreurs.

Je suis arrivée à Birao, dans la très éloignée région de la Vakaga, jeudi matin, encore un peu étourdie de mon départ rapide du Tchad, et des briefings intenses en capitale.  Je suis arrivée, toujours en amour avec mon ancien projet, et un peu hésitante à donner mon cœur à nouveau.  La din d’une relation, même si on savait qu’elle devait se terminer de toute façon, est tout de même une fin dont il faut un peu faire son deuil.

Mais je suis dans la Vakaga maintenant, dans la ville qui abrite le marché de la région, Birao.  L’ équipe semble super, le projet est un super défi et oui, on dirait que le bureau est passé par un tsunami ET du combat armé (les travaux de rénovation !) … mais c’est pourquoi je recherche toujours un projet avec un sens de l’humour.

Une petie patient qu’on essaie d’aider contre toutes attentes, une clinique qui fonctionne bien; de la pluie, du tonnerre et des éclaires 6 heures d’affilée; les étoiles sont toujours là et bientôt, je crois bien, je serai à nouveauen amour.